Le Canon littéraire est essentiellement blanc. Voici une liste de lectures alternatives de l’Amérique latine (traduction de l’anglais)

Article redigé en anglais il y a un année par Alejandra Oliva pour le magazine remezcla avec le titre : The Literary Canon Is Mostly White. Here’s an Alternative Latin American Reading List. Traduction en anglais par Alejandro labonne.


Si tu es un étudiant de secondaire ou de CÉGEP, il existe une liste de romans et d’œuvres reconnues que tu sais, tu devras lire à un moment donné dans ton cheminement scolaire ; une pièce de Shakespeare ou même deux, quelques ouvrages d’Hemingway ou Faulkner, ne tirez pas sur l’oiseau-moqueur de façon à pouvoir parler de comment les blancs ont été si généreux qu’ils ont éliminé le racisme. Et ces romans sont des grands romans et très importants pour connaître la culture blanche, occidentale, américaine plus précisément. Et bien qu’il ait un certain chevauchement entre cela et la culture latinx, que se passe-t-il quant tu veux les textes fondamentaux de la latinité ? Ci-dessous, il y a une liste d’œuvres que tu peux lire en plus de ceux (on ne veut surtout pas vous inciter à ne pas faire vos devoirs) du canon officiel pour ton curriculum académique.

La sélection des livres, ceux qui sont dans le canon et ceux qui ne le sont pas, particulièrement en raison de leur popularité peut devenir une affaire compliqué raciste, sexiste surtout historiquement parlant. Beaucoup de pouvoir, y compris pouvoir artistique, aux hommes européens. On essaie de contrebalancer tout cela ici, mais il reste beaucoup à découvrir qui nous est inconnu. On a aussi essayé d’aller un peu plus loin des listes habituelles ou cas où vous vous demanderiez o sont-ils Gabo, Cisneros, Neruda, etc.

Il faut se souvenir que la meilleure part de concevoir leur propre curriculum littéraire est de le débattre et de le corriger, pour cela, vous avez la section de commentaires.

Si tu dois lire : L’Attrape-cœurs de J.D. Salinger

Essaie de lire I Am Not Your Perfect Mexican Daughter de Erika L. Sánchez (sans traduction en Français)

Tandis que Holden Caulfield (le protagoniste de l’attrape cœur.) est le typique adolescent désaffectée, connu pour s’être affalée autour de New York en décriant les poseurs et en ayant une crise dépressive ; Julia, la protagoniste du roman d’Erika L. Sánchez, déambule dans les rues de Chicago en affrontant les attentes de ses parents, ainsi que les mystères de la vie de sa sœur récemment décédée. Je ne suis pas votre fille mexicaine parfaite. Elle ressent la même colère et la même tristesse face aux limitations des relations et du monde que Holden Caulfield et les filtre à travers les expériences d’une adolescente mexicaine qui a grandi en Amérique.

Si tu dois lire : Ulysse de James Joyce

Essaie de lire Marelle de Julio Cortázar

James Joyce est connu pour avoir utilisé non seulement la narration courante de conscience (stream of consciouness) mais aussi pour son utilisation imaginative de la langue, en inventant des mots à sa guise et en se livrant à des jeux de mots et à des allusions. Cortázar utilise une structure et usage similaire de la langue pour raconter l’histoire d’amour entre Horacio Oliveira et La Maga, une mystérieuse femme qui vient et va dans le roman. LE roman est structuré comme un jeu interactif où tu choisis ton parcours et la table d’instructions t’invite à le faire.

Si tu dois lire : le Bruit et la Fureur, de William Faulkner

Essaie de lire Pedro Páramo de Juan Rulfo

Mystérieuses villes agricoles semi-abandonnées, dissolution d’une famille autrefois très nombreuse, innovations en matière de style en prose (Pedro Páramo a beaucoup de choses qui font la richesse de Sound and the Fury) et est l’un des livres les plus influents du Boom latino-américain littéraire. Sans aller plus loin, d’écrivains tels que Gabriel García Márquez, Jorge Luis Borges et Valeria Luiselli ont en décrit ce livre comme une source d’inspiration. Lire cet ouvrage, c’est découvrir quelques-unes des premières racines du réalisme magique.

Si tu dois lire : Beowulf

Essaie de lire : Popol Vuh

De même que les Britanniques ont leur ancienne poésie épique, l’Amérique latine a aussi le Popol Vuh, un récit du peuple K’iche du Guatemala actuel qui raconte des mythes sur la création et des récits de guerriers et de héros. Rédigé par un missionnaire de passage vers 1550, le Popol Vuh est l’un des derniers vestiges de ce qui était autrefois une tradition orale vibrante de récits dans l’Amérique précolombienne.

Si tu dois lire:  La poésie de Robert Frost

Essaie de lire : la poésie de Nicolás Guillén

Tout comme la poésie de Frost centrée sur son territoire natal – la Nouvelle-Angleterre rurale – et avec un accent particulier sur la langue parlée et intime, Guillén a également pris les matières premières de son entourage et les a transformées en poésie. L’œuvre la plus célèbre de Guillén, Motivos de Son (non traduite en dans son intégralité), s’inspire d’un genre musical cubain traditionnel et le creuse pour découvrir ses liens avec les expériences et la vie afro-cubaines. Les œuvres incluses dans Man-Making Words traitent de sujets similaires et s’inspirent de la culture afro-cubaine, aux côtés de l’onomatopée reconnaissable de Guillén qui imite les tambours et les sons de la musique afro-cubaine.
En outre, il partage une connexion avec une personne souvent incluse dans le canon américain : lui et Langston Hughes étaient des amis et Hughes à traduit certains de leur poèmes en anglais.

Si tu dois lire : Sonnets de Shakespeare

Essaie de lire : La poésie de Sor Juana Inés de la Cruz

Shakespeare et Sor Juana ne sont séparés que par 100 ans d’histoire – alors que le poète écrivait des poèmes d’amour, des comédies et des tragédies vers la fin des années 1500, la religieuse de la nouvelle Espagne écrivait de la poésie religieuse (et romantique!), des essais philosophiques et des traités théologiques dans les années 1600. Tout comme Shakespeare, elle adhérait aux structures formelles des vers de l’époque – des sonnets utilisant des schémas de rythme et des rimes. À l’instar de Shakespeare, elle aurait également caché des indices sur sa démesure dans certains de ses écrits. Les érudits ont affirmé que certains de ses sonnets, adressés à « Lisi », concernaient María Luisa Gonzaga Manrique de Lara, l’épouse du vice-roi d’Espagne.

Si tu dois lire : The Bell Jar by Sylvia Plath

Essaie de lire : personne ne me verra pleurer de Cristina Rivera Garza

Le Bell Jar est un classique féministe sur grandir, l’intimité et la dépression. Le livre aborde principalement la vie du personnage principal dans un hôpital psychiatrique. Avec personne ne me voit pleurer, Rivera Garza nous emmène à La Castañeda, le fameux asile du début du siècle situé à Mexico, pour suivre le chemin de l’un de ses détenus et photographes. Garza a été salué comme l’un des meilleurs romanciers travaillant au Mexique par des écrivains comme Carlos Fuentes et est de plus en plus connu dans les États.

Si tu dois lire : Frankenstein de Mary Shelley

Essaie de lire : Santa Evita de Tomás Eloy Martínez

Même si le cadavre d’Evita ne revient pas à la vie dans le roman de Tomás Eloy Martínez, ce n’est pas pour manque d’efforts. Ce livre, qui associe réalité et fiction à propos d’Evita Perón, la fameuse épouse du dictateur argentin Peron, ne se concentre pas sur sa biographie vivante, mais sur le sort de son corps après sa mort. Une histoire de fous avec un groupe de personnages loufoques qui essaient tous de récupérer le contrôle du cadavre, un peu comme Frankenstein, Santa Evita soulève aussi des questions plus profondes sur la mort, l’héritage et la politique.

Si tu dois lire : les Raisins de la colère de John Steinbeck

Essaie de lire : Signes qui précéderont la fin du monde de Yuri Herrera

Une migration à travers un vaste territoire peu accueillant, des tensions familiales, et un large éventail de mouvements sociopolitiques. Signes qui précéderont la fin du monde aborde la migration vers les États-Unis de la même manière que The Grapes of Wrath traite les migrations de Dust Bowl de l’Oklahoma – en l’humanisant à la fois et en le plaçant dans un contexte plus large. Signes apporte l’avantage supplémentaire d’être un roman moderne absolument frais et vivant.

Si tu dois lire : Le prince de Niccolò Machiavelli

Essaie de lire : Monsieur le Président de Miguel Ángel Asturias

Tout ce que Machiavel aurait qu’il fallait faire, le président du titre du roman d’Asturias l’a fait. Écrit dans les années 1930 comme une condamnation du dictateur guatémaltèque Manuel Estrada Cabrera, Monsieur le Président est un des premiers romans écrits sur la vie sous une dictature et sur les dangers auxquels sont exposés les citoyens ordinaires. Un classique moderne, Asturias remportera le prix Nobel de littérature, en grande partie pour cet œuvre.

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