Voir son steak comme un animal mort, par Martin Gibert

Essai qui ne nie pas ses racines engagées pour la cause des animaux, mais qui comprend le long – et parfois ardu et tortueux – chemin vers le véganisme. Il s’agit d’un essai qui synthétise efficacement l’état des débats actuels sur le véganisme. Il promeut le véganisme sous une optique primordialement morale ; Comme seule issue cohérente par rapport à la morale et l’éthique contemporaines.

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Contrairement à d’autres monographies engagées sur le véganisme qui le promeuvent sous l’angle des profits humains qui s’en découlent. Gibert expose et clarifie tout l’éventail d’activités humaines touchées par le carnisme et le véganisme : philosophie, psychologie, éthique, moral, écologie, divertissement, etc. Il accorde, par exemple, tout un chapitre à l’aspect écologique, lequel, trop souvent, évade la question du carnisme comme facteur clé dans les problématiques qui lui concernent : changements climatiques, biodiversité, etc.

capture-d_c3a9cran-2015-04-12-c3a0-08-30-07Gibert nous présente d’abord le consensus en ce qui a trait à l’éthique animale : les animaux sont des êtres vivants qui ont la capacité à sentir du plaisir, de la douleur et des émotions, donc, il ne faut pas leur faire souffrir inutilement. Concept fort différent de celui qui avait été – et que continue encore de l’être – véhiculé par les religions judéo-chrétien et islamistes qui dictent que l’animal est inférieur à l’homme et qui doit être apprivoisé et utilisé sans mesure pour celui-ci. Une idée qui a eu sa rédemption philosophique dans le cartésianisme qui limitait l’animal à une simple machine sans sentiments ni conscience.

Après nous avoir donné cet aperçu, Gibert passe en revue tous les angles éthiques et philosophiques sous lesquels l’éthique animale peut être interprétée : Les notions de vertu vs cruauté, l’aspect déontologique et juriste, le pragmatisme, l’utilitarisme et le conséquentialisme ainsi que l’écoféminisme entre autres.

Gibert, après avoir dévoilé la chaîne d’utilisation de l’animal par l’homme et comme celle-ci favorise le réchauffement climatique, la pollution des eaux, la diminution de la biodiversité et le gaspillage des ressources naturelles, se pose une question : si la conclusion évidente à nos prises des positions actuelles en matière d’éthique animale est le véganisme, pourquoi – même dans la gauche progressiste et dans le mouvement écologiste – le véganisme est si rare ? En quelques mots : les notions de la suprématie humaine, l’humanisme et finalement, la dissonnance cognitive : les stratégies psychologiques – individuelles et collectives- que pour nous protéger nous activons. C’est la dissonance cognitive qui empêche – les individus et les collectivités – à faire des choix cohérents entre nos actions et nos prises de position et nos valeurs.

La dissonance cognitive « désigne l’inconfort mental qui nous saisit lorsque deux croyances, ou une croyance et un comportement, sont en contradictions, or, pour fuir cette dissonance, l’esprit humain est capable d’habiles stratégies d’évitement. »

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Martin Gibert

En quelques mots, la dissonance cognitive est la raison pour laquelle on croit quelque chose, mais on agit au contraire de cette croyance. Pourquoi on achète un V8 si on est consciente des problématiques du réchauffement climatique ?, pourquoi on aime les animaux nous en mangeons quand même ?

Finalement, après s’être intéressé aux éléments éthiques, philosophiques psychologiques et écologiques entourant le véganisme et l’éthique animale, Gibert se centre sur l’aspect politique. Et plus particulièrement la notion du suprématisme humaine.

Y a-t-il une essence humaine ? Peut-il exister un humanisme inclusif qui ne fait pas de l’humain un dictateur inconscient de l’être ? Le véganisme et la défense des droits des animaux sont-ils par essence misanthropes, comme on le dit souvent ? Et qui a-t-il du véganisme et d’autres types de discrimination telle que le féminisme, le racisme, les droits des personnes “handicapées”, et le sexisme  Gibert va nous démontrer les possibles intersections entre d’autres luttes politiques et sociales et les droits des animaux.

Tout ceci en citant le philosophe allemand de l’École de Francfort Theodore Adorno :

« Auschwitz commence lorsque quelqu’un regard un abattoir et pense « ce ne sont que des animaux »»

Un des aspects le plus important entourant cet essai et son aspect éthique. C’est -à -dire qu’il n’est pas un essai qui se centre sur les bénéfices pour l’humain du véganisme – comme Jonathan Safran Foer l’a fait dans son livre Fait-il manger des animaux ?, par exemple. Il n’est pas non plus une monographie qui se base sur l’amour des animaux – ce qui est en soi vérité une sorte d’égoïsme, ou sur la croissance de notre empathie vers eux. Non, pour Gibert le véganisme et la seule conclusion morale et éthique la plus cohérente et logique en ce qui a trait à la réalisation holistique de nos actuelles valeurs éthiques, moraux et philosophiques contemporaines.

 


 

http://www.vegemag.fr/actualite/lisez-les-premieres-pages-de-voir-son-steak-comme-un-animal-mort-5897

https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/15923

Voir son steak comme un animal mort : Entrevue avec Martin Gibert

http://www.vegetik.org/voir-son-steak-comme-un-animal-mort/

Cliquer pour accéder à GIBERT_Voir_son_steak_comme_un_animal_mort.pdf


 

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