Sans bibliothèques, nous sommes moins humains et profondément plus seuls (journée mondiale du livre)

Il me semble que ce petit article est fort pertinent, aujourd’hui quand des coupures de personnel ont été annoncées dans la BANQ. L’auteur se souvient du pouvoir d’attraction des bibliothèques dans son enfance, et de la valeur inestimable des professionnels de l’information pour qu’une telle puissent survivre et servir adéquatement.

Sans bibliothèques, nous sommes moins humains et profondément plus seuls (journée mondiale du livre)

Par : Nicola Davies le 2 mars 2017.
Traduction en français : Alejandro labonne.

Texte paru dans le journal britannique : The Guardian avec le titre en anglais : World Book Day: Without libraries we are less human and more profoundly alone

Des conseillers municipaux menacent la fermeture des bibliothèques et pensent qu’en s’appuyant sur des bénévoles pourront les garder ouverts. Mais les bibliothécaires professionnels sont la clé d’une bonne bibliothèque.

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« je n’avais aucune idée de qu’est que les bibliothécaires faisaient à part d’enduire d’encre les sceaux et de faire taire les enfants. » Photographe Rui Vieira/PA

Quand j’étais petite, j’aimais tout sur les bibliothèques publiques. Le plancher qui résonnait, l’air toujours légèrement poussiéreux, le rituel et le rythme de l’estampage des livres.

Nous avions beaucoup de livres à la maison, mais tous les livres chez moi m’avaient été offerts par mes parents. Ils étaient déjà choisis, domestiqués. Les livres de la bibliothèque semblaient différents, sauvages comme des tigres. Ils venaient directement du monde. Quand j’entrais dans la bibliothèque, je sentais comme si j’étais en train de traverser la toundra ou la steppe, dans la jungle ou sous la mer. Je pouvais errer et, dans les étagères, choisir ce que je voulais. Et découvrir tout. Je pouvais vivre à l’intérieur de n’importe quelle histoire. Cela m’avait fait sentir puissante et libre.

À l’époque, je n’avais aucune idée de qu’est que les bibliothécaires faisaient à part d’enduire d’encre les sceaux et de faire taire les enfants. J’imaginais que les livres avaient volé sur les étagères, comme des oiseaux.

Je ne m’étais pas rendu compte que l’intoxiquant diversité que j’adorais avait été soigneusement créée et rendue accessible et attrayante pour moi par des bibliothécaires talentueux.

Les bibliothécaires sont beaucoup plus que des gerbeurs ou des trieurs. Ils sont des conservateurs créatifs des collections de livres. Ils examinent et en renouvellent les cohortes, en ajustant ce qui doit s’adapter à lecteurs, soulignant certaines sections et sujets pour mieux refléter le monde. Ils sont prêts à guider et à encourager ; à favoriser les relations entre les livres et les gens. Subtilement, tranquillement, inexorablement, ils tissent des liens entre des individus et des communautés. Ils font briller une bibliothèque comme si les livres étaient les écailles d’un dragon qui semble fléchir alors qu’il plutôt se plie et s’envole.

Une bibliothèque saine, comme un habitat sain, est diversifiée et dynamique. Comme les espèces dans la forêt tropicale ou les poissons sur un récif, les livres sur les étagères se déplacent et changent avec le temps et les saisons, de sorte que chaque semaine il y ait quelque chose de nouveau à découvrir. Une bibliothèque saine invite le regard et l’esprit à la parcourir.

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Nicola Davies

Cet habitat pour les livres ne se produit pas seul. Il est créé par des bibliothécaires. Les bibliothécaires sont la pierre angulaire des bonnes bibliothèques. Sans eux, la poussière se rassemble, les collections de livres ne sont pas rafraîchies, les lecteurs ne se sentent pas alléchés et séduits, et les relations entre les livres et les gens se néantisent.

Nous avons vu des bibliothèques comme cela. Des endroits où vous traversez la porte et une teinte fade descend sur votre âme :  L’idée même de choisir un livre semble fâcheuse.

Les bibliothèques deviennent comme cela parce qu’elles ont perdu leur clé de voûte : parce que quelqu’un avec une feuille de calcul aurait décidé que l’Internet était maintenant une bibliothèque, donc les bibliothécaires n’étaient pas nécessaires.

Les bibliothèques publiques peuvent être des endroits merveilleux, et les bénévoles font un travail formidable pour les préserver dans le sillage des coupures gouvernementales. Mais les bibliothèques sont un service public qui doit être correctement financé doté des ressources suffisantes et doté d’un personnel adéquat avec des bibliothécaires à plein temps bien formés et experts. Les fonctionnaires ne peuvent pas supposer qu’ils peuvent les menacer de fermeture et ensuite compter sur les bénévoles pour les garder ouvertes. Sans bibliothécaires et les bibliothèques qu’ils bâtissent, nous sommes moins vivants, moins humains, plus profondément seuls.

Nicola Davies est un auteur de livres pour d’enfants et une ancienne présentatrice. Son dernier livre est The White Hare.

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