Comment convaincre quelqu’un quand les faits ne le peuvent pas

Traduction d’un article paru dans le magazine américain scientific american avec le nom :
How to Convince Someone When Facts Fail : Why worldview threats undermine evidence

Traduction d’Alejandro Labonne

Comment convaincre quelqu’un quand les faits ne le peuvent

Pourquoi des menaces contre notre vision du monde nuisent les preuves

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Crédit : Izhar Cohen

Avez-vous déjà remarqué que lorsque vous présentez des faits qui sont contraires à leurs convictions les plus profondes les gens changent leur manière de penser ? Non, moi non plus. Au contraire, les gens semblent redoubler leurs efforts, devant des preuves accablantes, pour réaffirmer leurs. La raison est liée au fait que leur vision du monde semblerait alors comme étant menacée par ces données opposées.

Les créationnistes, par exemple, contestent les preuves de l’évolution des fossiles et de l’ADN parce qu’ils s’inquiètent des forces séculières qui semblent empiéter sur leur foi religieuse. Ceux qui sont contre les vaccins se méfient des grandes compagnies pharmaceutiques et pensent que l’argent corrompt la médecine, ce qui les amène à croire que les vaccins causent l’autisme malgré l’inconfortable fait que la seule étude affirmant un tel lien a été désavouée et son principal auteur accusé de fraude. Ceux qui croient en une théorie du complet pour le 9/11 se concentrent sur des minuties – comme le point de fusion de l’acier dans les bâtiments du World Trade Center qui auraient causé leur effondrement – parce qu’ils pensent que le gouvernement y est mêlé et aurait mené des opérations de « faux drapeau » pour créer un nouvel ordre mondial. Les négationnistes du climat étudient les anneaux d’arbres, les noyaux de glace et les émissions de gaz à effet de serre parce qu’ils sont passionnés par la liberté, en particulier celle des marchés et des industries qu’ils veulent libres de toute contrainte et restriction réglementaire gouvernementale. Les anti-Obama dissèquent désespérément le certificat de naissance du président en quête de fraude, car ils croient que le premier président afro-américain des États-Unis est un socialiste qui vise la destruction de leur pays tend à détruire le pays.

Dans ces exemples, les conceptions les plus profondes du monde des partisans seraient perçues comme étant menacées par les sceptiques et par conséquent les faits dévient leurs ennemis ultimes. Le pouvoir des croyances sur les preuves est le résultat de deux facteurs : la dissonance cognitive et l’effet de contre-feu. Dans le livre classique de 1956 quand la prophétie échoue, le psychologue Leon Festinger et ses coauteurs ont décrit ce qui est arrivé à un culte OVNI quand le navire-mère n’est pas arrivé à l’heure désignée. Au lieu d’admettre l’erreur, « les membres du groupe ont cherché frénétiquement à convaincre le monde de leurs croyances », et ils ont fait « une série de tentatives désespérées pour effacer leur dissonance en faisant prédiction après la prédiction dans l’espoir qu’elle se réalise. Festinger a appelé cela : dissonance cognitive, c’est-à-dire l’inconfortable tension qui se crée quand se conservent simultanément deux pensées contradictoires.

Deux psychologues sociaux, Carol Tavris et Elliot Aronson (un ancien étudiant de Festinger), dans leur livre paru en 2007 « erreurs ont été faites (mais pas par moi) » retracent des milliers d’expériences démontrant comment les gens interprètent à leur guise les faits et les adaptent à leurs croyances préconçues afin de réduire la dissonance. Leur métaphore de la « pyramide de choix » place deux individus côte à côte à l’apex de la pyramide et montre à quelle vitesse, ils divergent et finissent au fond des coins opposés de la base comme chacun d’entre eux mis en place une position à défendre.

Dans une série d’expériences, le professeur Brendan Nyhan de Dartmouth College et le professeur Jason Reifler de l’Université d’Exeter, ont identifié un facteur connexe qu’ils ont appelé l’effet de contre-feu « dans lequel des corrections dans les faits en réalité ne font qu’augmenter les perceptions erronées parmi le groupe en question. « Parce qu’elles menacent leur vision du monde ou leur concept de soi ». Par exemple, les sujets ont reçu de faux articles de presse qui ont confirmé de fausses idées répandues, par exemple qu’il y avait des armes de destruction massive en Irak. Après que les sujets ont reçu un article qui corrigeait les données, à savoir que ce type d’armes n’ont jamais été trouvées. Les libéraux qui se sont opposés à la guerre ont accepté le nouvel article et rejeté les anciens, alors que les conservateurs qui ont soutenu la guerre ont fait le contraire … et plus : ils ont déclaré être encore plus convaincus arguant que cela prouvait seulement que Saddam Hussein les avait cachés ou détruits. En fait, Nyhan et Reifler notent que parmi beaucoup de conservateurs « la croyance que l’Irak possédait des armes de destruction massive immédiatement avant l’invasion des États-Unis a persisté longtemps après que l’administration Bush en ait conclu autrement.

Si les faits correctifs ne font qu’empirer les choses, que pouvons-nous faire pour convaincre les gens de leurs croyances ? D’après mon expérience, 1. Garder votre sang-froid et évacuer toute émotion dans vos échanges, 2. Discuter, sans attaquer (aucun ad hominem et aucune annonce Hitlerum), 3. Écoutez attentivement et essayez d’articuler l’autre position avec précision, 4. Soyez respectueux, 5 Reconnaissez les raisons pour lesquelles quelqu’un pourrait tenir une opinion pareille et 6. Essayez de montrer que des changements dans les faits ne signifie nécessairement pas changer toute notre vision du monde.

Ces stratégies ne fonctionnent toujours pas, mais aujourd’hui dans une nation qui vient d’être confrontée à une constante pression pour vérifier des faits politiques, ils pourraient vous aider à réduire des confrontations inutiles.

Cet article a été publié à l’origine avec le titre « When Facts Backfire »

554fdb30-95c3-454d-b783590766aec00c_smallMichael Shermer est l’éditeur du magazine Skeptic
www.skeptic.com
Il a écrit, entre autres : Why People Believe Weird Things: Pseudoscience, Superstition, and Other Confusions of Our Time ; The Borderlands of Science: Where Sense Meets Nonsense
@michaelshermer
Micheal Shermer

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