If I Fall, If I die de Micheal Christie

Will est un enfant d’environ 10 ans qui n’a jamais quitté la maison. Il n’en a pas eu besoin ni le moindre désir de le faire. À l’intérieur de sa maison, il vit avec sa mère, une quasi-connue vidéaste canadienne atteinte d’une agoraphobie galopante qui l’avait poussée, des années auparavant, à quitter la ville de Toronto avec son bébé pour se réfugier dans sa ville natale, Thunder Bay. L’agoraphobie alors avait fini pour la restreindre à vivre dans quelques chambres de leur maison, en évitant tout contact humain. Will est le seul à avoir contact avec le peu de gens qui s’approchent de la maison.

Will sortira de la maison  pour la première fois inopinément  et cette exploration, et cette sortie fortuite déclenchera toute une aventure qui va changer la vie de cette famille à jamais.

If I fall, If I Die est le premier roman de l’écrivain ontarien Micheal Christie. Il avait publié un premier recueil de nouvelles, The Beggars Garden, en 2011, recueil qui avait été traduit en français en 2012 avec le titre : le jardin du mendiant par Albin Michel dans la collection Terres d’Amérique et traduit par Nathalie Bru. Ce recueil avait gagné le Vancouver Book Award et avait fait partie de la longue liste pour le Giller Prize de cette année-là.If I fall, If I Die a été lui aussi dans la longue liste pour le GIller 2005. Christie qui détient une maîtrise en Creative writting de l’université de Columbie Britannique était aussi un planchiste (planche à roulettes) professionnel (affreux nom pour skateboarder, mais le nom officiel quand même).

Le roman m’a surpris, car la lecture de la jaquette m’avait fait entrevoir un tout autre développement de l’intrigue, et quand l’auteur semblait se dévier et prendre des raccourcis qui me paraissaient erronés, il me persuadait par la suite que son cheminement expliquait, mieux que je l’aie espéré, les actions des personnages. Par exemple, la deuxième sortie de Will me paraissait au début très audacieuse, car il allait trop loin à mon goût, cependant, cette audace chez Will allait bien avec la naïveté de quelqu’un comme lui qui n’avait jamais quitté la maison par habitude et pas à cause de la peur ; ces premières explorations démontraient bien son caractère adolescent et aventurier incapable d’anticiper les conséquences de ses actions.

Le même m’est arrivé avec le rapport de Will à l’école, je m’attendais qu’il l’aime et qu’il y excelle, mais Christie, de façon tout à fait juste, nous présente Will comme un adolescent normal pour lequel l’école n’était qu’une routine insipide ; quel adolescent ne s’est pas senti ainsi dans le monde écolier où l’action, le rêve, la vie sont exclus ?

L’amitié, comme il se faut durant l’adolescence, est au cœur du désir de Will de connaître le monde. D’une part, la rencontre subite et momentané qu’il a eu lors de sa première sortie de la maison avec un voyou et par la suite sa rencontre avec Jonah, un jeune amérindien de son école qui va lui apprendra la planche à roulettes, avec la part de liberté, euphorie et rébellion qu’elle représente pour tout adolescent. Grâce à lui, Will pourra confronter le monde de manière tout à fait hardie et insouciante, voire inconsciente, car Jonah lui servira de pierre d’assise à laquelle revenir quand sa naïveté l’ait poussé trop loin, dans de parages physiques et mentaux un peu trop périlleux.

Michael Christie

Cette amitié interraciale est fort importante et on aurait aimé qu’elle ait été plus développée dans le roman, puisque c’est à travers elle que Michael pourra parler de racisme, d’exclusion de la différence, de pauvreté et de la lente agonie de zones rurales et industrielles comme Thunder Bay.

Or, c’est la relation entre fils et mère qu’elle est la plus développée dans le roman et avec raison. D’abord, parce que la mère n’est pas traitée avec ironie ni entièrement diabolisé ; elle n’est pas une mère indigne ou folle, elle connaît sa situation mentale et essaie de s’améliorer.

Ce qui rendre intéressant ce roman est la multiplicité de lectures possibles. On peut le lire selon l’optique du roman d’aventures à la Hardy boys, ou comme un roman d’initiation adolescent. Et si l’on se fie à certaines critiques, il touche particulièrement les jeunes parents qui cherchent l’équilibre entre la protection de leurs enfants et le besoin de leurs enfants de confronter les vicissitudes du monde. Il y a aussi tout le côté de la relation entre le Canada et les premières nations, et celui des effets de la mondialisation et l’urbanisation sur les petites communautés et villes canadiennes.

Pour ma part, If I fall, If I Die st un excellent libre à offrir à un jeune adulte.

_____

Page web de l’auteur:
Michael Christie

Catalogues:
BANQ
Nelligan

Critiques:
A pinch of Salt
Literary Hub
The Star Books
The Globe & Mail

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s