Le complexe Eden Bellwether (The Bellwether Revivals) par Benjamin wood

J’ai fait la découverte de The Bellwether Revivals, par hasard en faisant une recherche sur le catalogue des bibliothèques publiques de la ville de Montréal, Nelligan. Je cherchais Brideshead Revisited, car je me disais qu’il était grand temps que je le lise. Je ne me rappelle pas l’équation de recherche que j’ai employée, parmi les résultats, il se trouvait un exemplaire de ce roman de Benjamin Wood dans la bibliothèque l’Octogone, là où je me trouvais en ce moment-là. J’ai lu la quatrième de couverture et comme j’ai toujours aimé la littérature britannique et les premiers œuvres, je l’ai emprunté et je l’ai lu en 2014. Il a été traduit en français, alors je me suis décidé à en faire le commentaire.

The Bellwether Revivals, en français traduit comme
Le Complexe d’Eden Bellwether, est un roman qui explore la relation entre la science et la croyance, entre la maladie et l’infirmité, entre le génie et la folie.

Nul ne pourrait nier que ce premier roman, comme plusieurs ouvrages, peut bien souffrir de quelques traits en peu trop évidents dans le traitement des personnages, surtout de la relation amoureuse du personnage principal. Cependant, il est un roman complexe et étoffé qui ne tombe pas dans des largeurs ou, au contraire, dans le simplisme ou l’incessant « JE » des premiers romans.

The Bellwether Revivals raconte l’histoire d’Oscar, jeune britannique dans la vingtaine, fils unique d’une famille prolétaire. Intelligent et avec une certaine ambition qui ne lui suffissent qu’à le pousser à laisser la maison familiale et son milieu pour devenir préposé aux bénéficiaires dans une maison pour retraités dans la ville de Cambridge.

Un jour, lors du trajet du travail à sa demeure, Oscar fera rencontrera Iris Bellwether fille étudiante de classe privilégiée de laquelle il tombera amoureux. Le frère d’Iris, Eden est aussi étudiante. En plus d’être un excellent musicien’ Eden est un enfant-roi qui exerce une domination intellectuelle sur son entourage – un groupe d’étudiants qui le suit en tout et partout et sur sa sœur Iris. Elle se rend compte du caractère dominateur de son frère et essaie avec l’aide d’Oscar de le freiner. Eden se sent l’héritier, en quelque sorte, du musicien, théoricien et polémiste Johann Mattheson. Eden prétend que la musique – sa musique- pourrait produire certains effets sur les affections et émotions chez le spectateur et, par conséquent, leur influencer, c’est-à-dire les guérir. En cherchant à vérifier cette telle hypothèse, Oscar métra Eden en contact avec Herbert Crest un vieux psychologue atteint d’un cancer du cerveau qu’il connaît grâce à son travail.

En ce moment, le roman commence à se déployer sur plusieurs registres singuliers et féconds. D’une part, l’apparente amélioration de Crest : il s’agit d’une coïncidence, de l’effet Placebo ou d’une réelle guérison magique grâce à la musique? D’autre part, les tentatives dérisoires d’Iris pour contrer et s’extirper de la domination filiale. Mais aussi nous nous demandons constamment si Eden est un génie, un fou, un excentrique, un artiste ou un psychopathe.

Benjamin Wood

Certes, tous ces registres font références à d’autres ouvrages britanniques. Nous pensons à Brideshead Revisited, The Picture of Dorian gray, ou des romans plus contemporains comme The Line of Beauty, car beaucoup d’éléments qui composent The Bellwether Revivals semblent dériver des stéréotypes utilisés auparavant, et c’est en cela que le roman risque de perdre sa force. Beaucoup de situations et de personnages restent sans la profondeur qu’ils paraissaient proposer au début. Cependant, Wood est capable avec son écriture et sa structuration du roman, à nous tenir en haleine et à démontrer ses qualités d’écrivain. Par exemple, au fur et à mesure de la lecture, le lecteur peut se rendre compte que Wood se transporte sur la surface des choses en utilisant les dialogues comme axe non seulement de l’action du roman, mais de la description et traitement des personnages : une fête, un dîner, une réunion familiale. L’auteur ne va plus au-delà de ce qu’ils disent. Or, la dextérité narrative de Wood permet de retenir notre attention malgré ces carences. À la fin du roman, même si nous constatons les défauts, nous nous rendons compte que nous sommes face à un bon écrivain qui va au de-là des stéréotypes de l’écrivain « commercial » dont sont victimes beaucoup d’universitaires qui ont étudié l’écriture créative à l’université.

The Bellwether Revivals de Benjamiin Wood (McClelland & Stewart) traduit de l’anglais par Renaud Morin comme Le complexe d’Eden Bellwether aux éditions Zulma. Le roman a été le récipiendaire du prix du roman Fnac en 2014 et du prix Baudelaire de traduction de l’anglais pour Renaud Morin en 2015.
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Benjamin Wood 

The Bellwether Revivals by Benjamin Wood – review The Guardian

Quille and Quire Review

Music, magnetism and madness

National Post Review

Book World: ‘The Bellwether Revivals’ by Benjamin Wood

Le prix du roman Fnac pour “Le Complexe d’Eden Bellwether” de Benjamin Wood

Le prix du roman Fnac 2014 pour Benjamin Wood et son “Complexe

 tous les liens ont été vérifies le 18 septembre 2015

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