Commentaire du roman Viva de Patrick Deville

Patrick Deville

Un roman historique réussi doit nous offrir une valeur ajoutée ; quelque chose de particulier, de propre à l’auteur qui nous étonne et qui nous fasse prendre conscience des liens, jusque-là inconnus ou inaperçus, sur les données historiques qu’il essaie de nous transmette. Et tout cela sans sombrer dans des abîmes d’intellectualisme ou d’élitisme littéraire. Viva, de Patrick Deville, en est un bon exemple. Structuré sur la base de paragraphes courts étoffés de faits, d’anecdotes riches et diverses. Il tisse de liens inopinés entre ces anecdotes pour en créer de nouvelles constellations historiques et romanesques. Et tout cela dans un riche désordre calculé et maîtrisé par cet auteur duquel nous connaissons l’attirance vers la quête du destin humain concrétisé dans des personnages primordiaux de l’histoire de l’humanité, comme dans son œuvre antérieure, Peste et choléra (Prix Femina 2012), qui trace la vie du bactériologiste Alexandre Yersin.

Leon Trotsky

Viva met en relation le politicien Trotski et l’écrivain britannique Malcom Lowry. Tout se passe au Mexique de la première partie du XXe siècle, terre d’accueil du politicien russe et toile de fond du roman de Lowry Sous le volcan — aussi connu par Au-dessous du volcan, chef-d’œuvre de la littérature britannique.

En réalité Lowry et Trotski ne se sont jamais rencontrés, mais Deville mettre en relief des liens indirects entre ces deux personnages, en même temps qu’il nous offre une pléiade d’écrivains, d’artistes et de politiciens qui ont vécu, aimé, travaillé et créé des chefs-d’œuvre en relation à ce pays de l’Amérique du Sud ; panorama artistique et historique fort riche : les histoires de Bruno Traven, Jack Kerouac, Williams Burroughs, D. H. Lawrence, Antonin Artaud, André Breton, Frida Kahlo, Diego Rivera, Edward Weston, Tina Modotti, Victor Serge, Pierre Naville et d’­Alfred Rosmer se chevauchent dans le roman.

Malgré la quantité d’informations qu’il contient, Viva demeure une lecture facile et amusante. Force est de constater qu’un roman d’une telle envergure demande des recherches considérables et que Deville les transpose et les met en valeur sans prétention et avec beaucoup de brio.

Malcom Lowry

Viva est en fin de compte un hommage à la littérature, une sorte de mise en page de la jalousie — aucunement rancunière — de l’écrivain aventurier et de l’artiste bohémien — et maudit, car tous les deux sont capables de donner littéralement leur vie pour leur art ou pour une cause qui les transcende.

Interviews avec Patrick Deville :

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